5ème congrès malgache de la route et des transports

Une aubaine pour renflouer le secteur routier

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C’est à  travers le 5ème congrès malgache de la route qui se tiendra au mois de novembre 2014 prochain que le cercle de Réflexion, d’évaluation et d’appui au secteur BTP ou Creabtp, reprend espoir de la situation du secteur routier à  Madagascar.

Nul n’est sans savoir que les routes sont un vecteur de développement et à  l’intérieur du pays. Plus de 80% des transports se font par voie routière, moins de 20% se font par voie maritime, fluviale, aérienne et ferroviaire confondue, explique un responsable du Creabtp. « Prions pour que le 5ème Congrès malgache de la Route dont les objectifs sont le dialogue et la coopération répondant aux problématiques, soit vraiment une aubaine pour renflouer le secteur routier et sauver les compétences nationales, garantes des réussites des défis à  engager et à  lancer par le pays. Prions que le comité préparatoire du congrès, le bureau permanent du congrès, les outputs du congrès répondent eux-mêmes aux attentes de toute une population entière », souligne le responsable du Creabtp. Pour cette association qui se soucie pleinement des conditions des routes ainsi que l’expertise malgache dans le secteur de construction des routes, « il faudrait mieux cerner les points faibles afin d’y apporter les correctifs appropriés, favoriser les échanges entre les diverses branches professionnelles et les techniciens de la route au plan national et international, créer les meilleures conditions entre tous les participants et en particulier entre l’Etat et les bailleurs de fonds. Tels sont toujours les principaux objectifs des congrès malgaches de la route, depuis son 1er congrès tenu à  Antananarivo du 17 au 20 octobre 1994 ». En effet, 20 ans après le 1er congrès et 8 ans après le 4è, la plupart des branches professionnelles ont éprouvé des difficultés, mais c’est le ministère des Travaux publics, département Maître d’ouvrage des routes nationales qui a subi les chocs les plus meurtriers qui l’ont démantelé et affaibli, suite à  l’application d’une politique d’Ajustement structurel imposée par les bailleurs de fonds depuis les années 1990, et tacitement avalisée par nos décideurs, affirme le Creabtp.

Les problèmes de fond

Pour ce cercle de réflexion qui critique les décisions prises par les dirigeants étatiques auparavant, c’est l’Ajustement structurel qui a entraîné le désengagement de l’Etat de l’exécution des travaux d’entretien routier, pour les confier aux PME qui n’ont pas pu pour autant se développer. Le désengagement de l’Etat, de la gestion des marchés des travaux au détriment de l’Autorité routière de Madagascar s’est fait brutalement d’un coup en 2007, a ajouté le cercle. « En cette année 2014, on arrive à  une situation où c’est le bailleur de fonds qui est devenu le Maître d’ouvrage incontesté, avec les marchés à  bons de commande (marché exécuté au fur et à  mesure de l’émission de bons de commande) sur la RN2, qui coiffe le ministère des Travaux publics ». Le ministère des Travaux publics a perdu son envergure et sa puissance, l’Etat a perdu sa souveraineté, souligne le Creabtp. Les divers acteurs publics ou privés, ou les bailleurs de fonds arriveront-ils au cours du congrès à  avoir une meilleure compréhension, une meilleure perception des enjeux et des responsabilités qui leur incombent ? Auront-ils la volonté de renforcement des liens francs et forts de collaboration entre Public et Privé, entre Maître d’ouvrage et Maître d’ouvrage délégué, entre Maître d’ouvrage et bailleurs de fonds ? Le Creabtp réclame comme sujet parmi les activités du congrès un débat sur l’Ajustement structurel et le désengagement de l’Etat.