Bilan

BILAN VANILLE STOI – CAMPAGNE EXPORT 2008/2009

Par sa position géographique, Madagascar subit, chaque année, sans exception, les effets des cataclysmes naturels qui affectent régulièrement différentes régions du pays et notamment cette région du SAVA ;
Malgré les dégâts humains et matériels considérables, l’impact des cyclones sur la vanille était limité en 2008/2009.

Par contre, la crise politique actuelle et la crise économique internationale ont des répercussions énormes sur les exportations, la monnaie nationale et perturbent le fonctionnement de certaines filières agricoles dont la vanille.

La vanille de Madagascar a eu du mal à décoller en 2009

La vanille verte a eu du mal à trouver des acheteurs. Depuis le début de la campagne, seulement l’équivalent de 15 à 20% de la quantité de vanille préparée, estimée à l’exportation, soit environ 1500 tonnes, sont pris par les collecteurs et les préparateurs. Plus de 60 % devraient être, déjà, entre les mains de ces derniers en cette période.

L’existence d’un stock de vanille invendue, depuis les années 2007 et 2008, constitue la principale raison de la réticence des acheteurs, engendrant une baisse de prix de moitié. 4300 tonnes de vanille sont disponibles sur le marché. Sur cette quantité, 2200 tonnes sont stockées dans les pays consommateurs.

Les perspectives économiques étaient sombres en 2009 avec en surplus la crise politique actuelle qui perturbent le fonctionnement de l’économie : les trafics de vanille et l’insécurité se multiplient dans la région du SAVA ;

Malgré cette situation, la STOI n’a pas baissé les bras mais continuait à investir en valorisant sa vanille et en augmentant le tonnage en vanille bio: le principal secteur de promotion de la vanille malgache sur le marché international est la qualité des produits commercialisés.

La société renforçait la sensibilisation des producteurs bio pour une restructuration sous forme de coopérative.
La demande en produits biologiques, notamment en vanille, ne cesse de progresser, non seulement dans les magasins spécialisés mais également dans les grandes surfaces.

Malgré un écart de prix de 15 à 20 %, la demande en produits BIO ne fait que croître avec une croissance de 10 % ces derniers temps. Les consommateurs de plus en plus soucieux de leur santé se tournent volontiers vers ces produits.

BILAN VANILLE 2013

Le prix de la vanille ne cesse d’augmenter depuis fin 2012. En une année, le prix a doublé. Une flambée des prix qui s’explique par la baisse de la production nationale de 1500 a presque 1000 tonnes.

L’instabilité du marché

Le marché de la vanille est un marché concurrentiel, sujet à la fluctuation de l’offre et de la demande. Les prix très bas de ces dernières années cachaient en réalité un profond découragement des planteurs.

Alors qu’entre 2000 et 2003 le prix de la vanille s’élevait encore à plus de 400€/kg, les consommateurs se sont détournés de la vanille naturelle au profit des vanillines de synthèses moins onéreuses, mises sur le marché à grands coups de communication publicitaires trompeuses. Dès 2004, les prix de la vanille chutent pour atteindre des niveaux qui ne permettent pas une rémunération décente aux producteurs. Ceux-ci délaissent alors leur culture de vanille pour se tourner vers d’autres cultures. Les plantations de vanille se détériorent et les techniques de préparations qui découlent de savoirs ancestraux avec elles.

Cependant les tendances de consommations évoluent vers une demande de produits naturels qui s’accroît avec la baisse des prix.

Désormais le marché de la vanille se trouve à un tournant décisif et Madagascar reste le leader mondial de la vanille naturelle avec 80% de l’offre mondiale.

Pourtant depuis 2011, faute d’une bonne rémunération, les planteurs dénigrent la qualité privilégiant la quantité. Les transformateurs de l’industrie agro-alimentaire privilégient alors les vanilles vertes qu’ils achètent le double du prix dès le début de la récolte 2012. Le prix des vanilles préparées par les planteurs suit logiquement la même tendance.

Les dérives sur le plan qualitatif

Etant donné que la culture de la vanille ne permet plus aux planteurs de subvenir à leurs besoins, les planteurs renient leur savoir-faire.

La sur fécondation des fleurs:

Depuis trois ans, les planteurs fécondent chaque fleur (1 fleur = 1 gousse) au lieu d’une sur deux. A la récolte, les gousses sont certes nombreuses mais de très petite taille. Ainsi pour cette récolte 2012, plus de 60% des gousses sont inférieures à 16cm.

La mise sous vide des vanilles par les planteurs:

Il faut six à huit mois de préparation pour obtenir une vanille gastronomique et bien stable. L’étape d’affinage permet de développer tous les parfums de la vanille. Or une mise sous vide prématurée bloque tout le processus, alors qu’elle reste une très bonne technique de conservation si la vanille est bien affinée.

Malheureusement, les prix trop bas de la vanille ont incité les planteurs à détourner au mauvais escient cette technique. La mise sous-vide des vanilles se pratique depuis deux ans en brousse alors que les vanilles ne sont pas séchées et que la formation des composants aromatiques n’est pas complètement faite.

La montée fulgurante des prix

Une production globalement en baisse, une consommation soutenue, des achats massifs de vanille verte ont logiquement entraîné cette année une hausse des prix. Les prix payés aux planteurs pour de la vanille verte ou de la vanille préparée ont été doublés (prix aux planteurs multipliés par deux auxquels s’ajoutent 40 à 60% de perte de poids durant le séchage). Malgré cela, les mauvaises habitudes de préparation prises en 2011 ont perduré pour la récolte 2012. Elles ont accru le prix de revient de la vanille exportable et commercialisable.

La STOI s’est appliquée à minimiser au maximum la hausse des prix afin d’éviter un doublement brutal des prix de vente en clientèle. La spécialisation de la STOI dans la certification bio ECOCERT INTERNATIONAL de ses gousses de vanille a facilite les négociations. Nous n’avons cependant pas échappé à une hausse très sensible de nos prix de ventes

Les deux ou trois années à venir s’annoncent difficiles, le temps de retrouver un équilibre entre l’offre et la demande. Tous les intervenants de la filière retrouveront alors un prix juste et valorisant pour les producteurs, stable et raisonnable pour les consommateurs de la vanille naturelle.