Les mesures prises par l’Etat ne sont pas suffisantes pour relancer l’économie, compte tenu des besoins énormes du secteur privé, selon cet opérateur économique. 

« La rencontre entre l’Etat et le secteur privé qui s’est tenue mercredi dernier au palais d’Iavoloha est à écrire dans l’histoire car c’était une grande première qu’il y a eu un dialogue franc et transparent entre le Président de la République et le gouvernement, d’un côté, et le secteur privé de l’autre ». Telle est la réaction du PDG du groupe STOI (Société Trading de l’Océan Indien), Tovonanahary Rabetsitonta, qui y a participé. En outre, « je retiendrai deux points forts que le Chef de l’Etat a énumérés. Le premier est que l’Etat ne doit pas gérer une société. Cela revient aux entreprises privées. Et le second, il n’y aura pas de monopole dans tous les secteurs économiques. On est donc dans le cadre libéral où les responsabilités partagées doivent être bien définies entre l’Etat et le secteur privé. A cet effet, on ne peut qu’encourager les politiques de l’Etat. Tout ce qui est fonction de production et de commercialisation, revient dans ce cas au secteur privé », a-t-il poursuivi.

Augmentation de la production. A part cela, plusieurs mesures ont été prises par l’Etat pour alléger les impacts de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 et relancer l’économie. On peut citer, entre autres, la facilitation d’accès au crédit pour les entreprises moyennant un taux d’intérêt inférieur à 10% comparé au taux usuel appliqué par les banques primaires qui s’élève entre 14 et 20%. L’Etat s’est également penché d’alléger certains impôts et taxes tout en facilitant la régularisation de certains impôts. « Mais ces mesures ne sont pas suffisantes pour relancer l’économie après cette crise sanitaire qui touche le monde entier, et qui est semblable au lendemain de la 2e guerre mondiale. D’autant plus que les besoins du secteur privé sont énormes, alors que l’Etat ne peut pas faire plus qu’il n’en possède. C’est pourquoi, je préconise de faire une création monétaire sans inflation pour financer des cycles courts de production au niveau de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, entre autres. En plus, ce secteur primaire touche plus de 80% de la population malgache. Cette mesure ne provoque pas de l’inflation si elle se traduit par l’augmentation notable de la production. Et on ne peut pas l’appliquer sur le moyen ou long terme », a évoqué le PDG du groupe STOI, qui plus est un économiste.

Économiser de devises. Pour ce faire, « on subventionne entre autres les paysans en leur facilitant l’accès aux semences améliorées comme le riz hybride et les autres intrants agricoles, dans un cadre bien organisé en utilisant le secteur privé qui opère dans l’agri-business comme relais de distribution. Celui-ci doit faire ensuite la collecte de la production de ces paysans pour une revente ou une exportation. Il faut savoir que Madagascar importe bon an mal an 200 000 tonnes de riz, soit une sortie de devises de 160 millions USD par an si l’on se réfère à 8 cents le prix d’un kilo de cette denrée alimentaire. Quant à la production nationale de paddy, elle se chiffre à 3,5 millions de tonnes par an avec un rendement moyen de 2,5 T/ha. Si l’on augmente seulement de 20% ce rendement, soit à 3T/ha, on obtient une production additionnelle de 700 000 tonnes de paddy, soit 476 000 tonnes de riz blanc qu’on peut même exporter. Et avec les semences de riz hybride que nous vulgarisons à Andapa, Ifanja et Ambahikily, nous enregistrons un rendement de productivité entre 7 et 12 tonnes/ha. Booster la production rizicole permet d’économiser de devises », a-t-il expliqué.

Créer des emplois. Par ailleurs, cet opérateur économique a soulevé qu’on pourrait faire une création monétaire par la construction de routes en pavé servant à évacuer la production au niveau des pôles rizicoles ou à promouvoir des pôles touristiques. « Il n’y aura pas non plus de sortie de devises car on peut les construire localement tout en créant des emplois via le système HIMO (Haute Intensité de Main d’œuvre). La création d’une banque de développement et la mise en place d’une décentralisation budgétaire effective, s’imposent également pour relancer l’économie nationale », a conclu Tovonanahary Rabetsitonta.

Navalona R.