Le PDG de STOI, Tovonanahary Rabetsitonta expliquant la rentabilité du reboisement de « Paulownia », à part le riz hybride. (Photo : Yvon Ram)

La Grande île n’importera plus de semences de riz hybride en Chine qui est le propriétaire de cette technologie scientifique de pointe reconnue dans le monde.  

La culture de cette variété rizicole est maintenant développée à Madagascar grâce à la vulgarisation menée par la Société Trading de l’Océan Indien (STOI) en partenariat avec une société chinoise et le ministère de tutelle. En fait, « une superficie totale de près de 700 ha est maintenant cultivée en riz hybride dans les régions de Bongolava, Itasy, Vakinankaratra, Menabe, Atsimo Andrefana et SAVA, et ce, dans le cadre de l’agriculture contractuelle. Nous prévoyons une amélioration du rendement de productivité de l’ordre de 7 à 10 tonnes par hectare si la moyenne nationale est d’environ 2 tonnes à l’hectare. D’autant plus, nous appuyons les paysans contractants en matière d’intrants agricoles notamment l’engrais biologique « Taroka » qui est très prisé par les exploitants agricoles et la fourniture de semences, sans compter leur encadrement technique », a expliqué Tovonanahary Rabetsitonta, le Président directeur général du groupe STOI lors de la campagne de reboisement effectuée à Isahafa Lazaina samedi dernier.

Besoins de 12 millions T/an. « La récolte qui sera prévue vers les mois d’avril et mai, s’annonce bonne pour cette année. En plus, nous avons décidé de mettre en place un centre de production de semences de riz hybride à Madagascar. On n’en importera plus ainsi en Chine qui est le propriétaire de cette technologie de pointe. Ce qui permettra de réduire le prix de cet intrant au profit des paysans », a-t-il enchaîné. Notons que l’Etat a en même temps distribué près de 300 tonnes de semences de riz hybride en vue de contribuer à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire à Madagascar. Il faut savoir que certaines régions dans lesquelles intervient la STOI peuvent même pratiquer trois cultures rizicoles par an. « L’objectif consiste à produire en tant que grenier rizicole pour non seulement satisfaire à la demande locale mais aussi pour pouvoir exporter. En effet, les besoins en riz de l’Afrique se chiffrent actuellement à plus de 12 millions de tonnes par an. La culture rizicole devrait de ce fait contribuer à la lutte contre la pauvreté et à la prospérité de la nation si l’on y investit davantage», a soulevé cet opérateur économique.

L’unité à 60 000 ariary. Par ailleurs, il a sollicité tous les acteurs économiques à se lancer dans le reboisement de jeunes plants de variété « Paulownia ». « Nous, le personnel du groupe STOI y compris l’hôtel Havana Resort, avons mis en terre 4 000 jeunes plants de « Paulownia » à Isahafa Lazaina, afin de contribuer au projet Rakotr’Ala i Madagasikara de l’Etat. Pour ce faire, nous travaillons en collaboration avec les communautés locales qui se chargeaient de la trouaison et de l’épandage d’engrais biologique « Taroka » jusqu’au suivi de la croissance des plantes. C’est une espèce à croissance rapide qui peut être exploitable dans cinq ans. Le reboisement de cette plante constitue également une autre source de revenu non négligeable pour les ménages car l’unité se vend à 60 000 ariary. Le « Paulownia » est notamment utilisé pour la fabrication de meubles, des bois d’œuvres et des produits artisanaux », a-t-il conclu.

Navalona R.